De l’art ou du cochon

De l’art ou du cochon

Darth Vador est peintre amateur, photographe amateur, et dragueur professionnel. Il travaille dans une agence de recrutement, et aide accessoirement les doctorants à retrouver du travail dans un marché qui a plutôt peur de la surqualification.

Darth Vador est tellement impliqué dans sa mission qu’il me fait flipper. Mais au tout début de notre rencontre il me redonne tellement confiance en moi, qu’il me regonfle à bloc. Et je tombe dans ses bras. Sauf que je me rends compte rapidement que ce n’est jamais assez bien, je ne fais jamais assez, pour retrouver du boulot, ou niveau cul. Du coup je commence à prendre lentement mes distances.

Un jour je vais voir sur Meetic en dilettante ce qu’il y a sur le marché de la drague, me disant que je m’y retrouverai certainement permi eux dans pas longtemps. Mais toujours incognito, anonymous. Et là sur qui je tombe ? Darth Vador en slip, enfin en slip de bain, histoire de bien le mouler et mettre en avant le paquet dans son emballage. Je n’en reviens pas. Je clique sur son profil et je vois qu’il s’est connecté il y a moins de 24h. Le mec m’a précédé. Tu te sens comme sur le site d’un cambriolage, où tu t’es fait devancer.

Sauf que j’ai plus d’un tour dans mon sac. Je veux le faire payer son infidélité virtuelle. Je lui téléphone et je le confronte à la réalité, enfin sa réalité. Oui, bon, je mens un peu :

Moi : « Louise t’a vu sur Meetic »

DV : …

Moi : « Tu perds pas de temps dis moi ? Tu aurais pû me prévenir que c’était terminé. »

DV : « Je fais rien, je regarde juste les profils. C’est un projet artistique que j’ai depuis un moment. Je veux lire ce que disent les filles dans leur profil et leur annonce. Je collecte tout ça, j’en fais une sorte de collage romanesque. »

Moi : « ah oui, et tu le fais avec ta photo en slip ? Ça donne plutôt l’impression que tu es actif sur le site. Pourquoi pas le faire mais sans photo ?»

DV : « Mais je n’échange aucun message.»

Moi : « Ca fait un peu voyeur ton truc. Ce n’est ni honnête pour les filles qui te contactent et qui accessoirement pourraient te croiser dans la rue, ni pour moi. »

Et le bon mot revient à Louise, après lui avoir raconté toute l’histoire, et que j’avais prévenu de ma supercherie :

« Ouais, on ne sait pas si c’est de l’art ou du cochon ! »

Please follow and like us:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *